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Joachim Ruhuna
1933 à 1996
Catholique
Burundi
Joachin Ruhuna est né
le 27 octobre 1933 à Nyabikere dans une famille profondément chrétienne.
Son père catéchiste, originaire du Buyogoma, fut envoyé à Mugera, la
deuxième paroisse du Burundi, fondée en 1899. Avec l'aide de l'abbé
Ntuyahaga, futur évêque de Bujumbura et premier évêque Burundais, Ruhuna entra
au Petit Séminaire de Mugera. Quant à son évolution vers le sacerdoce,
l'abbé Pascal Nizigiyimana, son camarade de classe, témoigne:
Nous appréciions énormément le jeune Ruhuna. Il était gentil et intelligent. En grandissant, ce fut l'amour de la prière qui devint sa passion la plus évidente. Depuis le début, il nous disait qu'il voulait devenir prêtre. C'est étonnant, je ne l'ai jamais entendu douter.
Il poursuivit
ses études à Burasira et deux ans à Kinshasa où il obtint le baccalauréat
en théologie. Il fut ordonné en 1962.
Il fut nommé inspecteur
des écoles entre 1962 et 1966. Il poursuivit des études théologiques entre 1966 et 1970 à Rome avec, comme thèse de doctorat, "Le sacerdoce Pré-chrétien dans les Croyances et Pratiques
Religieuses du Burundi." Entre 1970 et 1973, il était recteur du Grand Séminaire de
Bujumbura. En 1973, il fut nommé évêque du nouveau diocèse de Ruyigi. Il
faisait venir beaucoup des congrégations religieuses pour favoriser
l'évangélisation et le développement. Il devint coadjuteur de Gitega en 1980
puis, en 1983, il fut nommé archevêque du même diocèse, un poste qu'il occupa jusqu'à sa mort en 1996.
Mgr. Ruhuna recherchait la proximité avec le peuple de Dieu. Il aimait visiter
non seulement les paroisses mais aussi les succursales pour stimuler,
encourager, et corriger. Il aimait susciter les vocations, notamment des vocations
sacerdotales. Aussi a-t-il fondé une nouvelle congrégation religieuse, "Les
Apôtres du Bon Pasteur et de la Reine du Cénacle." Il voulait donner la
possibilité aux jeunes qui le désiraient d'entrer dans une congrégation locale
et bien adaptée aux exigences pastorales du Burundi.
Le développement était aussi une de ses priorités. Aidé par plusieurs organismes, il réalisa, à travers le bureau de
développement du diocèse, d'importantes constructions, surtout dans le
domaine scolaire.
L'assassinat du premier
président démocratiquement élu, le Hutu Melchior Ndadaye, plongea le pays
dans une guerre civile. Bien que terriblement accablé par ce désastre, Mgr. Ruhuna
faisait tout son possible pour arrêter la violence et pour protéger les victimes innocentes, quelle que soit leur
ethnie. A plusieurs reprises, dans cette
tentative de pacification, Mgr. Ruhuna échappa de justesse à la mort.
Cependant, le 13
juillet 1996, il célèbra une messe des funérailles pour des centaines de
déplacés Tutsi tués par des bandes armées. Il y prononça un message d'une
grande clarté, condamnant sans réserve ces atrocités. Ce message,
répercuté partout, signa sa propre condamnation à mort. Le 9 septembre de
la même année, en revenant du Séminaire Burasira sa voiture fut attaquée par des bandes
armées. Mgr. Ruhuna et une religieuse furent tués sur le champ. Une laïque consacrée
mourut plus tard alors que les autres occupants de la voiture étaient indemnes.
Ainsi se termina une vie véritablement consacrée par l'offrande suprême
d'un pasteur fidèle: "Il n' y a pas de plus grand amour que de donner sa
vie pour ceux qu'on aime." (Jean 15 v.13).
Marc Nsanzurwimo, M.Afr.
Bibliographie:
A. Nibimenya, Monseigneur Joachim Ruhuna: Le Pasteur Fidèle (Ressources
Editions s.l., 2001).
J. Perraudin, Mgr. Joachim Ruhuna, Archevêque de
Gitega (Gitega: Centre Lavigerie, 1996).
Cet article, reçu en 2004, est le produit des recherches du Père Marc Nsanzurwimo, M.Afr., étudiant sous la direction du Père Francis Oborji. Ce dernier est professeur à la Facoltà di Missiologia, Pontificia Università Urbaniana à Rome, secrétaire général de l'Association Internationale des Missiologues Catholiques (International Association of Catholic Missiologists--IACM), et membre du conseil consultatif du DIBICA.
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