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Wilo Banderembako est né le 28 mai 1937 à Bugendana.
Le jeune Wilo était très zélé. C'est pour cela qu'il fut contacté pour être
catéchiste à la succursale de Kirimbi. Pendant la crise provoquée par le
régime de Bagaza il était responsable de la paroisse.
Parmi ses nombreuses
qualités, on signalait sa forte personnalité, son sens aigu de la
vérité, de la justice et du devoir. "Je me sens dans l'obligation de dire
toujours la vérité même s'il m'en coûtait la vie," aimait-il à répéter.
Ces
vertus sont apparues au grand jour quand le moment est venu pour lui de mourir comme martyr de
la foi. Le dimanche 19 juillet 1998, Wilo était prêt à diriger la
célébration de la parole. Des militaires sont arrivés à ce moment-là. L'un d'entre eux lui dit: "Je t'interdis absolument de faire cette célébration. Envoie
plutôt tout le monde aux cérémonies de Bugendana." Il parlait de la commémoration de
l'anniversaire de la mort de centaines de déplacés Tutsi deux ans
auparavant. Wilo ne refusa pas directement d'obtempérer mais il demanda de
célébrer une célébration pour les malades qui ne pouvaient pas aller à Bugendana. Comme le militaire ne répondait pas, Wilo
prit son silence pour un oui. Mais quand il s'apprêta à
célébrer, le militaire éclata de colère: "Tu m'énerves, je peux même verser
le sang." Alors Wilo enleva les ornements en disant, "Que le sang de ces
chrétiens ne me soit pas imputé. C'est vous qui en porterez la
responsabilité." Ces paroles n'ont pas du tout plu aux militaires.
Une
semaine plus tard des policiers l'arrêtèrent et le conduisirent à Bugendana.
Arrivé là, on le mit directement au cachot. Après cela,
personne n'a jamais su exactement ce qui s'est passé. En effet, ni les
autorités administratives et militaires ni les gardiens de la prison n'ont
jamais révélé les circonstances de sa mort. Selon certains témoignages, Wilo
est mort le 26 juillet suite aux coups de matraque et aux tortures que lui ont
infligé des militaires de Bugendana.
Après une messe de
requiem il fut inhumé à Kirimbi, près de l'église.
Marc Nsanzurwimo, M.Afr.
Cet article, reçu en 2004, est le produit des recherches du Père Marc Nsanzurwimo, M.Afr., étudiant sous la direction du Père Francis Oborji. Ce dernier est professeur à la Facoltà di Missiologia, Pontificia Università Urbaniana à Rome, secrétaire général de l'Association Internationale des Missiologues Catholiques (International Association of Catholic Missiologists--IACM), et membre du conseil consultatif du DIBICA.